De la nécessité d’un interprétariat professionnel en milieu de soins

La « plus value » que représente l’interprétariat professionnel en milieu de soins peut être appréhendée en termes d’enjeux de santé publique et d’enjeux financiers.

En effet, dès lors qu’il est entendu que la santé est aussi un élément déterminant dans l’intégration des personnes d’origine étrangère, le recours conscient et considéré à un interprétariat professionnel présente des avantages certains, puisqu’il permet :

Des diagnostics plus rapides et plus appropriés des lors que les bonnes questions ont pu être posées et comprises, qu’un climat de confiance a pu ainsi s’installer,

Une orientation plus rapide et plus adaptée vers les spécialistes adéquats. Ceci est une des premières conséquences du bon diagnostic établi,

Un gain de temps et d’argent par la limitation de diagnostics erronés, d’analyses médicales superflues et une diminution de la surconsommation des produits de santé (médicaments, examens complémentaires, hospitalisations),

Une limitation des risques de mauvais usage, de toxicité et de complications liés à la maladie ou à ses traitements dès lors que l’information délivrée est bien comprise,

Une prévention de la transmission de certaines pathologies contagieuses ou transmissibles, dont les plus graves (VIH, Hépatites, MST),

Un accès plus facile aux services de prévention et aux centres de dépistage, dans le respect de l’anonymat et de la confidentialité que permet l’utilisation d’interprètes professionnels,

Un accès précoce aux soins et une prévention de la détérioration de l’état de santé des personnes, dès lors que la langue cesse d’être une barrière qui dissuade,

De façon générale, une meilleure qualité des soins.

Ces enjeux de santé publique se mesurent aussi d’un point de vue financier. Une information bien comprise limite les diagnostics erronés et permet d’économiser des analyses médicales superflues, ou de réduire des journées et des nuits d’hospitalisation. Elle permet donc de faire des économies.

Pour des raisons sans doute dues à la sous-estimation du sujet, nous ne disposons pas encore d’évaluation chiffrée pour la France.

Mais des études belges et canadiennes montrent, par exemple, que le coût de la prise en charge d’un patient diabétique d’origine étrangère, sans utilisation d’interprète professionnel, est supérieur au coût de la prise en charge d’un patient d’origine étrangère disposant d’un service d’interprétariat, principalement :

en termes de prévention de complications : l’intervention d’un interprète permettant de prévenir à temps les ulcères cutanés et les troubles trophiques chez un seul patient diabétique, permettant ainsi d’éviter une dépense évaluée à une année de salaire d’un interprète à plein temps !

en termes de réduction de temps d’hospitalisation : l’une des études évalue à 1,8 jour la réduction du temps de séjour à l’hôpital pour un patient maîtrisant mal la langue quand il est assisté d’un interprète.

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